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Dans la poche d’un pilote

Jacques Thomas, juillet 2009

Dernière mise jour de l'article : 14 septembre 2009.



Centenaire de la première traversée de la Manche en avion

Né à Cambrai, en 1872, ingénieur formé à l’Ecole Centrale de Paris, Louis Blériot avait créé une usine de fabrication de lanternes à acétylène, qui connaissait un grand succès avec l’apparition et le développement de la voiture automobile. En 1905, sans doute passionné par les exploits de ceux qui avaient fait voler des engins plus lourds que l’air, Ader et Santos-Dumont en France, les frères Wright aux Etats-Unis, il créait le premier atelier français de construction aéronautique, fabriquant des prototypes d’aéroplanes qui, hélas ! ne volaient pas ou mal, et qui connaissaient très vite des fins malheureuses. Chance et malchance. Avec talent et obstination, Louis Blériot parvenait enfin, en 1909, à mettre au point et à construire des appareils qui volaient bien. Parmi eux, le Blériot XI, un aéroplane d’un poids de 300 kilos, aux longerons, montants et traverses du fuselage en bois, avec des roues de bicyclette, aux ailes en papier parcheminé, équipé d’un moteur d’une puissance de 25 CV. Avec lui, il se mit à réaliser des performances sensationnelles de vitesse et de distance parcourue, dotées par des mécènes de prix élevés dont il avait bien besoin. Pour promouvoir sa marque, il décidait alors d’être le premier à franchir la Manche, un exploit que le Daily Mail de Londres récompenserait de la somme astronomique de 25.000 francs-or.Il avait d’autant plus de mérite à le faire, qu’outre les pannes de moteur toujours possibles, il ne savait pas nager. Venu à Sangatte, près de Calais, au lieu-dit Les Baraques où se trouvait une vaste prairie, il s’envolait, le 25 juillet 1909, un peu après 4 heures du matin, volait à 60 km/h et se posait 37 minutes plus tard dans un champ près de Douvres. Le vol avait été difficile. Il souffrait d’une jambe blessée. Des bancs de brume, le vent, la violence des remous d’air près de la côte anglaise, le stress, semble-t-il aussi, l’avaient gêné. Un coup de vent à l’atterrissage aurait été la cause d’une détérioration de l’avion. Mais qu’importait tout cela quand il venait d’établir un record sans précédent de vol au-dessus de l’eau, amorce des futures liaisons intercontinentales. Son exploit souleva un enthousiasme immense dans les rues de Londres et de Paris. Il eut une portée mondiale indescriptible, inimaginable aujourd’hui quand le téléspectateur a tendance à ne plus réagir qu’au "prêt à penser" qui lui est complaisamment délivré. "L’Angleterre n’est plus une île", titrait le lendemain le Daily Mail. Ceci allait permettre à Louis Blériot de poursuivre avec succès ses activités de constructeur d’aéroplanes. Environ 800 avions du record sortirent de ses ateliers, jusqu’au début des années 30. Quelques Blériot XI volent encore aujourd’hui dans des circonstances exceptionnelles, dont ceux que possède à la Ferté Alais, dans l’Essonne, l’ "Amicale Jean-Baptiste Salis".

"Allo ! Madame Salis ?" – "Mais oui, Monsieur !" – "Bonjour, Madame. Mon nom est Jacques Thomas, du La Pérouse Boomerang-Club et de l’Aéro-Club de France. Me serait-il possible de parler à Monsieur Edmond Salis ?" – "Mon mari n’est pas là, Monsieur. Il est dans son hangar, en train de régler l’avion, mais si vous le voulez, vous pouvez l’appeler sur son portable. Je vais vous donner son numéro !" C’est ainsi que j’entrais en contact avec celui qui, quelques jours plus tard, devait renouveler l’exploit de Louis Blériot sur un avion du même modèle. J’avais quelque chose d’important à lui demander. Comme son épouse, il fut charmant. Un beau numéro – mais ils le sont tous – de la revue de l’Aéro-Club de France m’avait appris que le Club organiserait, les 24 et 25 juillet, sur les lieux même de l’exploit, la commémoration de la première traversée aérienne de la Manche, effectuée par Louis Blériot. Un Blériot XI du même modèle tenterait de renouveler l’exploit, piloté par Edmond Salis. Celui-ci étant le petit-fils de Jean-Baptiste Salis, pilote de la première Guerre mondiale, créateur avec son fils Jean, d’un véritable "musée volant", illustre collection d’environ 80 avions anciens maintenus en état de vol sur un aérodrome privé à La Ferté Alais, à 40 kilomètre au sud de Paris. L’exploit de Louis Blériot, ce que cela représentait de talent, de courage, de détermination, sa réédition par un nouveau pilote me faisait songer à leur réserver, à l’un comme à l’autre, une place au sein de "L’Univers du Boomerang et des Bois de Jet", projet muséographique de prestige auquel je me consacre, si un lien significatif pouvait être établi. Ce devait être possible. En 1986, à la veille de la sortie en France du film "Crocodile Dundee", la firme "24th Century Fox" m’avait contacté pour me demander de créer à cette occasion un événement "boomerang", l’usage d’un boomerang étant évoqué dans le film. Nous nous trouvions en hiver, le temps pouvait être mauvais, le vent pouvait souffler, il n’était pas possible d’envisager un événement extérieur. C’est alors que je m’étais attaché à la difficile mise au point d’un mini-boomerang en bristol suffisamment rigide, inoffensif, capable de voler à quelques mètres et de revenir parfaitement. Il en fut fabriqué des milliers, tant pour la firme elle-même que, plus tard, pour le Tourisme australien, de grandes manifestations aériennes, l’Aéro-Club de France, d’autres institutions encore. Chaque fois, le fabricant en tirait quelques exemplaires supplémentaires que je pourrais utiliser à des fins particulières. Par leur participation à la réalisation d’actions ou d’événements d’intérêt majeur, comme ses ainés, plus grands, ce mini-boomerang allait me permettre de créer des séquences et des vitrines passionnantes, au sein de l’espace muséographique évoqué. Dans l’Espace, ce serait une mission de la navette américaine, grâce aux boomerangs que j’avais confiés à Jean-François Clervoy qui les avait emmenés avec lui pour les faire évoluer à bord d’Atlantis et de la station russe Mir. A la mer, à bord du porte-avions américain "Enterprise" rejoint par appontage, quitté par catapultage, comme à celui du grand voilier "Endeavour", exacte réplique australienne du navire de James Cook, j’avais la joie de voir leur Captain respectif réussir de parfaits lancers-rattrapers. Lancers-rattrapers encore au-dessous du niveau de la mer, à bord du sous-marin australien "Onslow".

En l’air, lancers-rattrapers au-delà du mur du son, en vol à bord de "Concorde". A bord d’un B-17 "Forteresse volante". D’un DC-3 "Dakota". En DC-10, lançant un samedi, rattrapant…le vendredi ( ?). Si tristement disparu, Steve Fossett avait avec lui un boomerang, lors de son tour du monde en ballon en solitaire et sans escale. Une vitrine spéciale lui sera consacrée. Dans le cas présent, pour pouvoir intégrer au sein de "L’Univers du Boomerang et des Bois de Jet", l’exploit de Louis Blériot et celui de son successeur cent ans après, les mettre à l’honneur, il fallait qu’un boomerang au moins fasse la traversée avec Edmond Salis à bord du Blériot XI. Je devais le lui demander. C’est la raison pour laquelle je cherchais à le joindre. Je l’appelais sur son portable, il fut charmant. Seulement un peu inquiet des dimensions des objets au début de notre entretien car, aucun coffre à bagages n’étant prévu sur l’appareil, il devrait les porter sur lui. Je le rassurais vite. Ils seraient dans une pochette en plastique de petites dimensions. "Très bien, me dit-il. Alors, je les mettrai dans une poche !" Tout en parlant avec lui, j’entendais dans l’écouteur le ronronnement de ce moteur d’époque en phase de réglage. Cela était très émouvant. Rendez-vous était pris, pour la veille du jour-J, dans l’après-midi, près du hangar en toile qui abriterait l’appareil, en bordure du terrain d’où il décollerait. J’entreprenais alors l’étude d’une décoration des boomerangs, qui soit adaptée à l’événement. Comme dans Atlantis, il y en aurait trois. L’un serait dédicacé au pilote. Un autre à Jean Salis, son père. Le troisième me reviendrait, destiné à être exposé. De ceux que Jean-François Clervoy avaient emmenés pour moi dans l’Espace et dans Mir où ils avaient été tamponnés du sceau de la Russie, l’un lui était destiné, un autre irait à l’Aéro-Club de France, le troisième serait exposé. Dans la pochette en plastique où je glissais les trois mini-boomerangs décorés, se trouvait aussi, dans une enveloppe, une carte de visite avec mes félicitations pour l’exploit réalisé. Ainsi serai-je le premier à les avoir adressées à Edmond Salis. Je scotchais cependant avec soin cette pochette, au cas où il se retrouverait.....à la nage ! Sans risque, sa traversée aurait eu moins de mérite ! Enfin, j’avais confié à un ami anglais qui devait venir de Londres, la mission de l’accueillir à Douvres, avec un même message dans une même enveloppe. Celui-ci malheureusement en fut empêché au dernier moment. Lyon-Paris, Paris-Calais, je me trouvais en début d’après-midi, à l’hôtel sur le front de mer. Brillait le soleil mais soufflait un vent furieux, inquiétant pour le lendemain. J’avais été mal informé par téléphone, et le terrain se trouvait beaucoup plus loin de l’hôtel qu’il ne m’avait été indiqué, à environ 3 kilomètres de là. Heureusement, les gens du nord se sont comme toujours avérés charmants et c’est en stop que j’ai pu faire mon aller-retour, les taxis étant introuvables. Sur place, venu voir les avions, car se trouvait aussi là un Blériot "Pégoud à deux sièges en tandem, il y avait beaucoup de monde, mais un espace délimité était réservé aux autorités, à la presse, radio, télévision, aux membres de l’Aéro-Club. Sous l’abri en toile, il était facile de repérer le Blériot et son pilote dont j’avais grand plaisir à faire la connaissance. Des plus aimables, bien que très occupé, Edmond Salis recevait avec le sourire, beaucoup de soin et de gentillesse, la pochette en plastique que je lui confiais. Aucune inquiétude à avoir, je savais déjà qu’elle volerait avec lui.

Pour la première fois, je découvrais le Blériot XI. Je l’avais vu voler en meetings mais ne l’avais jamais approché. Deux choses dans son aspect général me frappaient particulièrement. D’une part, la disposition de son moteur, massif, épaté, de petite taille mais caréné, court, presqu’à l’aplomb du train d’atterrissage et du bord d’attaque des ailes. D’autre part, derrière la "baignoire" du pilote, son fuselage à claire-voie, seulement composé de longerons, d’éléments verticaux et transversaux en bois, rigidifié par des tendeurs en corde à piano. Le profil de ses larges ailes m’intéressait beaucoup, n’ayant jamais eu l’occasion de voir de près ce profil des premiers avions. Sans épaisseur, avec une assez forte courbure très décentrée vers l’avant. Que d’intelligence, de connaissances, d’expérience, de réflexion pour avoir à l’époque créé ce super-appareil ! Quel mérite et quelle chance ont aujourd’hui ceux qui l’entretiennent et le maintiennent en état de vol ! La Providence, une fois de plus, avait bien fait les choses, en me permettant de les approcher et de les voir à l’oeuvre. Le vent a soufflé très fort toute la nuit, et à 5 heures, il n’avait guère molli. Le rendez-vous étant fixé à 6 heures, et nous trouvant au même hôtel, Jean Salis et son épouse avaient la bonté de me prendre à leur bord en voiture pour aller au terrain. Il y avait déjà beaucoup de monde sur place. Les deux avions étaient sortis de leur hangar de toile mais les prévisions n’étaient pas fameuses. L’envol programmé à 7 heures ne serait sûrement pas possible. C’était le moment d’aller prendre rapidement un somptueux petit déjeuner organisé par l’Aéro-Club de France dans les bâtiments de la base nautique toute proche, tout en gardant un œil vigilant et une oreille ouverte aux manifestations du vent. A proximité des appareils, Blériot XI et Blériot XI-2 "Pégoud" qui volerait dans l’après-midi, comiques, formant un petit groupe d’Ecossais en tenue traditionnelle excentrique, quatre hommes et une femme chantaient, dansaient et mimaient des scènes. Parlant et discourant en français avec un accent inimitable, ils étaient désopilants et avaient beaucoup de succès. Retrouvant Edmond Salis, je lui demandais en plaisantant s’il avait bien mes boomerangs . "Bien sûr !, me dit-il, ils sont dans la poche de ma veste !" L’équipe des permanents de la rue Galilée, siège parisien de l’Aéro-Club de France, organisateur aéronautique de la commémoration, se répartissait les tâches, veillant en particulier à ce que les visiteurs n’approchent pas les Blériot de trop près. Comme toujours, tous très amicaux, me facilitant les choses. "Après Concorde, le Blériot, n’est-ce pas ?" L’on savait que mes boomerangs avaient un rôle à jouer. N’ayant pas souvent l’occasion de le voir, j’étais heureux de retrouver Jean-François Georges, notre président, de faire la connaissance de son épouse, de pouvoir longuement parler avec lui. Nombreux, sans être pressés par le temps qui s’écoulait, journalistes et reporters de télévision et de radio étaient à leur affaire. "Pourquoi êtes-vous là ? Quelles sont vos impressions ? Que pensez-vous de l’exploit de Blériot ? De sa réédition ? " Pour je-ne-sais quelle chaîne de télévision, pour des journaux, j’avais plaisir à répondre à ces questions, quand le passé et le présent se rejoignaient d’une façon aussi sympathique qu’émouvante .

Vers 8 heures 30, le vent s’était calmé. La foule des spectateurs, elle, s’était considérablement renforcée. L’on estimera que 600 à 700 personnes étaient là. Chargé d’une lourde responsabilité, le directeur des vols, Monsieur Pierre-Alain Antoine, jugeant de la situation, l’autorisation de décoller devenait probable. Il était alors demandé au public d’évacuer le terrain pour des raisons de sécurité évidentes. Ce qui n’allait pas sans mal pour ceux chargés de faire respecter la mesure. Le Blériot était alors poussé, roulé jusqu’à l’extrémité éloignée de l’immense prairie bosselée qui s’étendait là, pour le mettre face au vent et dans son lit. Cinq ou six hélicoptères prenaient position au sol, non loin du terrain d’envol. J’appréciais le privilège que j’avais de me trouver tout près de l’appareil pour assister à cet envol historique. Ce Blériot me faisait penser aux vols en Piper Cub L-4, d’une même puissance moteur : 60 CV, se pilotant du siège arrière, en solo. Vêtu d’une longue veste de cuir marron, avec des poches – mais "dans laquelle ?" – et d’un casque de même nature, Edmond Salis s’installait sur son siège. Le haut du corps sortant de la "baignoire", il ajustait son casque, ses grosses lunettes, et le moteur était mis en route par rotation de l’hélice à la main. De chaque côté du fuselage, les membres de l’équipe d’assistance au sol étaient cramponnés à l’appareil pour le retenir jusqu’à ce que la température du moteur ait atteint le degré voulu. Alors, sur un signe du pilote, ils le libéraient, le laissant partir, rouler et, enfin, s’élever dans les airs. L’exploit se renouvelait. Tous les espoirs étaient permis. Un pan de l’écharpe blanche que le pilote portait autour du cou flottait au vent derrière lui. Les vœux de tous l’accompagnaient. Le moment était particulièrement émouvant. Un bâtiment de la Marine nationale se trouvait positionné sur le parcours. Les hélicoptères avaient décollé et escortaient le Blériot, emmenant personnalités, journalistes et photographes qui devaient se trouver à l’arrivée. Des photos étaient prises en vol. Des vidéos, tournées. L’une d’elles, entre autres, magnifique, montre l’avion volant à basse altitude, comme Blériot lui-même, survolant un Ferry de la ligne Calais-Douvres Par téléphone, 45 minutes environ après son départ, nous apprenions l’arrivée et l’atterrissage réussi du pilote et de l’appareil à Douvres. "Je suis fier de ce que j’ai fait, déclarait Edmond Salis à ceux qui l’accueillaient, mais le vrai héros, ce n’est pas moi. C’est Louis Blériot !" Mes boomerangs étaient-ils bien arrivés, eux aussi ? Je n’en doutais pas mais je brûlais d’impatience de revoir celui que j’attendais. Rentré à Lyon, dans l’après-midi même du samedi 25, je trouvais dimanche matin sur mon ordinateur, une page du "San Diego Union Tribune", journal de cette grande ville de Californie du Sud, qui comportait un excellent compte-rendu de l’événement. C’était une attention délicate de mon ami Stuart Dwyer, diplomate de l’ambassade des Etats-Unis à Paris, qui venait de rentrer en Amérique, la veille, avec femme et enfants. Sinon, il aurait été lui aussi à Sangatte. Dans son ensemble, la presse française a bien rendu compte de cette commémoration. Ayant, un jour, été interviewé par le Sydney Morning Herald, j’ai voulu savoir ce que pourrait en dire cet honorable newspaper. La presse australienne aussi relatait l’événement. Moments d’intense recueillement, d’émotion, d’exaltation, vécus dans une communion des qualités du cœur et de l’esprit, Louis Blériot était parmi nous.



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